Mais c’était sans compter l’esprit révolutionnaire argentin...
J-30 : Naissance d’un virus
            Tout est partie d’une personne - qu’on appellera « le Che » afin de respecter son anonymat - qui s’est dit comme ça un beau jour fin septembre dans son village : « Bon les gars en fait moi je vais pas changer d’heure, ça m’arrange pas ce Week-end, ça me fait chier concrètement ». Du coup de grands débats se sont engagés dans le village avec des arguments tous plus cruciaux les uns que les autres :            LE CHE – « Ca vous dérange pas hein ? »
            LES AUTRES – « Ba t’abuses un peu quand même c’est pour faire des économies d’énergie et tout »
            LE CHE – « Ouais mais moi tu sais je m’en fous »
            LES AUTRES – « Il a raison. Nous non plus on ne change pas d’heure ».
            Du coup un village entier s’est décidé : le 17 octobre, ils resteront à l’heure d’hiver…
J-7 : La contamination
            Rapidement les idées percutantes du Che de l'horaire ont fait école et très vite le pays s’est trouvé scindé en deux dans une lutte fratricide et inédite. Remballez les dreyfusards et antidreyfusards, faites place à des débats avec de réels enjeux : la lutte entre pro-cambio et anti-cambio de hora. Les réunions de famille étaient houleuses lorsque les membres se déchiraient autour de ce thème.            Certains gouverneurs de Province (l’Argentine est un pays fédéral à la mode yankee) ont pris peur d’un soulèvement, une révolution qui resterait dans les mémoires comme « la prise du clocher de la bastille ». Ils ont donc voulu mettre un terme aux manifestations et autres sit-in revendicateurs très en vogue au pays du Gaucho. Le 10 octobre, 16 des 23 provinces avaient d’ores et déjà annoncé que Buenos Aires pouvait régler son radioréveil dans une semaine si elle le voulait, eux n’y toucheraient pas…
J-2 : Mort cérébrale
            Le corps c’est une chose mais c’est la tête qui doit trancher au final. Et la tête en question qui loge à la casa rosada n’a pas vu d’un si bon œil la révolution de l’Argentine d’en bas. La présidente Kiki a bien tenté de convaincre mais ce n’était peut-être pas la meilleure solution. A part son mari et peut-être sa mère, elle n’a plus un seul soutien dans le pays donc le grand jeu est de dire et faire le contraire de ce que dit Kiki. Du coup, même au sein du gouvernement, des voix se sont élevées pour défendre le non changement d’heure notamment une grande opposition entre le ministre de la Planification Julio de Vido et Amado Boudou à l’économie. Les restaurants et bars de Buenos Aires n’ont pas été en reste puisque ne pas changer d’heure leur offrait l’opportunité d’un deuxième service pour leurs touristes préférés…Le 15 octobre 2009, le gouvernement a cédé dans ce feuilleton à épisode. Le pays ne changera pas d’heure. Seuls tous les ordinateurs du pays programmés par l’ami Bill le milliardaire pour passer automatiquement à l’heure d’été y sont passés. C’est sur que Microsoft et tout américain en général doit peut-être avoir des difficultés à imaginer qu’un pays se soulève pour une histoire de minutes…

            Mais prenons exemple! Ne nous arrêtons pas là ! Vous aussi exigez ce que vous voulez en manifestant...
« Pour que Obama se teigne en blond », « Pour la remise en circulation des pogs Indiana Jones – BN », « Moins de sel dans la mer » et « Pour qu’on fasse tourner la Terre dans l’autre sens un jour sur deux » sont les prochains combats que j’aimerais mener à bien. J’ai sans doute trouvé ici un climat favorable...
