La solitude, l'absence de confort, le froid polaire, le jeun, la soif, le retour à l'état de nature... Autant de choses dont la Patagonie te fait souffrir quand tu la fantasmes dans tes rêves au fond de ton lit bien chaud en regardant les montagnes à travers la baie vitrée. La soif étanchée par un cabernet sauvignon "Postales del fin del Mundo". Repu d'une truite qu'on aurait pu pêcher si les lacs étaient remplis de sauce roquefort et les truites se cuisaient et se dépeçaient elles mêmes avant de sauter sur ton hameçon...
            Trop de luxe tue le luxe ! Voila pourquoi ce samedi fut synonyme de changement et de départ dans le Wild Wild West : le Parc National Lanin, son lac Huechulafquen bleu azur et son volcan qui nous regarde du haut de ses 3776 mètres. La solitude pour le coup prend un peu de vérité. "Patagonie très touristique". D'accord : pour celui qui vit sur la lune, le lieu est surexploité. Pour le quidam qui a une vie sociale (par vie sociale, même la dernière famille Amish vivant au fin fond d'une grotte entre dans la terminologie), huit touristes autre que nous trois dans 310 000 hectares, ça reste peu.
            Mais c'est sans doute pour le bien des gardes forestiers qui peinent à gérer cet afflux touristiques. Ou alors ils n'ont pas accès à l'information depuis la création du télégramme. Dans tous les cas, pour toute question sur le temps qu'il va faire dans le parc, voici la liste hiérarchique des personnes à contacter :
1. Chuck Norris
2. Evelyne Dhéliat
3. Mamie Glo
4. Sa propre conscience
5. Une force supérieure
...
1284. Les gardes-forestiers du Parc Lanin
            Pour le reste le Wild Patagon va bien au delà de Florent Pagny. C'est magique. C'est un lapin suicidaire qui manque de réussir son coup lorsqu'il passe juste devant votre voiture. C'est un pêcheur à la mouche seul dans un lac trop grand pour lui. C'est une vache qui vient vous voir près du lac juste comme ça pour vous dire bonjour. C'est un flan de neige qui survole les montagnes. C'est une photo qui ne vaut pas le quart de ce que vous vous avez vu en vrai. C'est la Patagonie.
            Le Wild on en revient soufflé mais pas peu fier. Le Wild on en profite le jour mais on est quand même bien avec une douche et un bon lit chaud la nuit. Le Wild on y retourne dès demain...

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