La vie sauvage. Vaste programme.
Le guépard et ses 110km/h met le monde entier dans le vent…
La tortue des Galápagos est quasiment immortelle puisqu’elle peut vivre jusqu’à 200 ans…
Le scarabée peut porter 850 fois son poids…
Tant de richesses, de force, d’agilité… Chaque membre de l’espèce animale maillon de cette chaîne naturelle dans une perfection la plus totale où chaque chose est à sa place, chaque animal a ses caractéristiques. L’instinct règne en maître en agençant parfaitement sa vie de ses animaux tous plus compétents les uns que les autres…
Et puis il y a l’éléphant de mer, sorte de boule de graisse de quatre tonnes sans membres et qui passe sa journée allongée sur une plage, peut-être le pire animal vivant.
Ce week-end c’était donc « découverte de la faune marine en Patagonie » avec le voyage dans la péninsule Valdes, porte d’entrée de la Patagonie Argentine.
Le trajet supposé compte tenu des 22H de route
Après un voyage épique où un déluge s’est abattu à l’intérieur du bus pour une sombre histoire de radiateur largement relayé par les différents stewards sans doute pour se dédouaner d’un problème interne à l’équipage, nous sommes arrivées à Puerto Madryn après 22 heures de voyage. Coquette somme quand on sait que les repas nourrissent largement une jeune anorexique de huit ans.
Chemin faisant (arrivée à 16h, récupération d’une voiture de location à une adresse qui n’existait pas dans la susnommée ville, tour des auberges de jeunesse pour trouver un lieu de villégiature, humiliation par un couple d’aubergistes qui nous expliquent qu’à 18H il est sans doute trop tard pour aller voir les baleines…), la nuit est tombée ainsi que notre vigueur. On a bien essayé de lutter contre le sommeil qui nous gagnait pour succomber aux sirènes de la Quilmes mais nous nous sommes finalement résolus à s’endormir avec la promesse d’un réveil matinal.
Le petit déjeuner nous permet de découvrir ce qui sera inévitablement nos compagnons de visite vu qu’en dehors de la péninsule, puerto madryn a à peu près l’intérêt de Limoges. Et bien ce petit déjeuner ressemble tout bonnement au lendemain de l’hôtel du cul tourné tant les gens paraissent tout sauf heureux, frais et dispo. Nous prenons donc rapidement la croute des baleines (un mélange de route et de cailloux et/ou boue) sur laquelle notre Ford Ka slalome fièrement entre les pick-up et 4x4 de douze mètres.

La journée prend rapidement des airs de découvertes zoologiques, d’où la rédaction d’une encyclopédie qui s'imposait...

La baleine franche australe - Eubalaena australis
La baleine franche australe ne peut s’apercevoir que par temps favorable. Niveau financier. En effet pour voir la magie opérer et voir le fameux cétacé, il faut compter environ 150 pesos à débourser. Pour cette modique somme, on monte à bord du navire d’un espèce de vieux loup de mer qui connait la péninsule comme sa poche. Certes il n’est pas avide de coup de moteur pour se rapprocher de l’objet du désir de plus de 50 tonnes. Mais il saura faire découvrir un monde merveilleux où un monstre marin incapable de respirer sous l’eau sera obligé de refaire surface toutes les dix minutes accompagné de son enfant difforme.
La baleine franche australe offrira donc aux voyeurs son spectacle naturel permanent mais chaque jour différent (l’attitude dépendant de l'humeur du jour). Si madame est de bonne humeur elle se montre gentiment, sinon elle saute de tout son poids et vous éloigne de l’embarcation. C’est qu’il faut être tranquille pour manger ses 200 kilos de planctons par heure.
L’objectif d’une telle découverte est de plaquer la magie du voyage sur papier glacé grâce à une photo de la queue du cétacé. Chose ardue il en est. Heureusement que Béné en grande professionnelle et surement en habituée a réussi à chopper la queue de cette baleine pour le bonheur de petits et grands.
NB : Le mieux est d’obtenir la place la plus en hauteur sur le bateau et ce de manière définitive. Pour ne pas se faire déloger, l’idéal est de garder un handicapé moteur à disposition pour bloquer l’accès aux autres membres du bateau et ainsi vous assurer une visibilité parfaite.
Le Guanaco - Lama glama guanicoe
Le Guanaco est une sorte de lama classe. Souvent imité, jamais égalé, le Guanaco a pour particularité de s’enfuir très rapidement quand on court après comme un débile. Il reste cependant l’enfant pauvre de la péninsule puisque d’aucuns disent «je vais voir les baleines dans la péninsule de Valdes » mais très peu annoncent « je vais voir les guanacos dans la péninsule de Valdes »…
Il vit paisiblement dans la pampa mais essaie de se faire une place parmi les autres habitants des lieux. En effet il tente désespérément de s’incruster dans les groupes de pingouins pour qu’on lui prête un peu d’attention. Malheureusement nous étions les quatre seuls zoologistes à les observer.
Le lion de mer - Otaria flavescens
Curiosité de la nature, le lion de mer argentin n’est pas livré avec le ballon rouge et blanc à faire jongler sur son nez et ne fait pas ses sauts de cirque. Alors certes on est au départ déçu de comprendre que ce qu’on voit à la télé est une vaste machination qui consiste à nous faire croire que les animaux sont tous fantastiques, mais le lion de mer ou loup de mer ou otarie à crinière reste néanmoins un animal espiègle. Il aime se battre avec ses potes. Il aime chercher le soleil pour mieux bronzer. Il aime se donner en spectacle et en plus du plus il nage hyper vite et marche bizarrement. C’est un peu comme observer Michael Phelps en maternel qui apprendrait à marcher.
Le pingouin - Alca torda
Le pingouin également est sujet à un mythe d’enfance. Il ne vit pas sur la banquise dans un igloo comme on nous l’apprenait dans Pingu. Non les pingouins vivent dans des club med. Des endroits arrangés et balisés où ils règnent en maître. Des moments privilégiés où le monde s’arrête pour les laisser traverser les chemins. Les hommes ne peuvent pas sortir des sentiers battus pour les déranger et taper dans leurs nids sinon une chienne de garde est directement envoyée. Vu qu’on est un peu des racailles, cette grosse femme immonde nous a suivie à grands renforts de menaces effrayantes à la limite du harcèlement.
Mais il faut bien ça pour observer cet être incroyable qui a inventé la monogamie ad vitam aeternam. En effet il ne fait pas bon être un homme pingouin… Tous les ans à la même époque il doit faire des pieds et des mains pour se re-taper la même vieille peau qu’il a eu le malheur de choisir au bout d’un an de sa vie. Pas d’erreur de jeunesse qui tienne, il devra rester avec elle jusqu’à ce que mort s’en suive. Alors forcément autant de confort dans la relation pour madame lui permet de faire tout et n’importe quoi. De un, elle arrive en retard au RDV galant en Patagonie c’est donc Monsieur Pingouin qui se tape toute le ménage du nid de l’année passée parce que oui il a aussi juré fidélité à son nid donc il le retape tous les ans pour faire un petit truc mignon. Puis, madame arrive comme une princesse avec un mois de retard sur l’heure de RDV. En plus elle arrive obèse vu qu’elle est restée plus longtemps pour manger avant l’hiver. Fini les salades et les soupes pour plaire à son mari, elle se gave de poisson pendant tout l’hiver austral. Cerise sur la gâteau, chaque homme doit se casser la gorge en faisant un cri spécial pour que sa copine le reconnaisse ce qui ne suffit pas vu qu’une fois le nid retrouvé (qu’il lui laisse bien évidemment) il doit la séduire de nouveau pour se faire une place dans le lit conjugal et enfin obtenir un peu de répit avant de recommencer l’année prochaine.
L’éléphant de mer - Mirounga leonina
Il existe :
1 chance sur 2 d’être un homme ou une femme.
1 chance sur 8 d’être sur la Planète Terre.
1 chance sur 93 de faire mon stage en Argentine.
1 chance sur 19 068 940 de gagner au nouveau loto.
Mais il y a 1 chance sur 118 000 000 000 000 000 000 de naître éléphant de mer et ça c’est déjà beaucoup trop.

Cet animal ne sert strictement à rien. Il se meut en rampant avec ses 4 tonnes de graisse sur la plage jusqu’à la mer à 1 km/h et est obligé de faire des pauses tous les trois mètres. Et après on veut nous faire croire que Bibifoc attrapait des voleurs et partait en expédition en Afrique. Bibifoc, je lui donne pas une heure avant de mourir d’épuisement en rampant après des ravisseurs…

La magie a opéré devant la majesté de ces être vivants : baleines, guanacos, pingouins, otaries... Sinon on a vu des éléphants de mer.