jeudi 16 juillet 2009

Le promène-couillons

Dictionnaire Bilingue Franco-abbarois :
Promène-couillons : « Moyen de transport livré avec guide de la région et qui s’arrête régulièrement pour prendre des panoramas car le couillon aime les panoramas. Ce mode de transport est contraire en tout point à l’esprit Douet qui est persuadé souvent à tort de connaître tout, tout le monde et en tout temps »

            Dimanche était donc le jour du promène-couillons pour aller visiter le village indien de Humahuaca plus au Nord avec de nombreux arrêts sur la route.

Convocation : 6h30.

Nombre de couillons français qui se sont fait attrapés à cet horaire : 2

Départ Réel : 8h

            Ce qui est problématique quand tu es l’un des deux couillons convoqués à 6h30, c’est que tu veux dormir. Mais dans un promène-couillons, il y a un chef qui harangue les couillons toute la journée sans s’arrêter (ou quand il s’arrête de parler c’est pour mettre du Michael Jackson interprété à la flute de plan). C’est que le couillon il faut le motiver pour qu’il sorte et qu’il rerentre du bus, pour qu’il respecte les pause-pipi, manger, shopping. Le notre (Dr Suresh) savait s’y prendre avec le couillon, notamment avec les deux hollandais qui comprenait l’anglais à peu près aussi bien que l’espagnol, c'est-à-dire relativement peu…

Les couillons en ligne pour prendre
la photo que le guide a dit de prendre

Le guide Dr Suresh

            Dr Suresh était un grand guide. En plus de connaitre tout sur tout sur la région (normal pour un guide), il avait plus d’un tour dans son sac. Il a tertiairisé une partie du parcours pour se reposer sans pour autant nous laisser tranquille. A un moment en effet, un indien avec une casquette de base-ball mais sans toute sa dentition est rentré dans le bus pour nous crier un poème en indien comme si on avait fait une bêtise. Un grand moment. Sauf pour ceux comme Moon qui n’ont rien vu, trop occupé à contenir son fou rire devant l’indien base-balleur. Malheureusement, ce dernier nous a vite repérés et pour nous punir, il a distribué un cadeau d’adieu (son poème) à tout le car sauf à nous afin de nous faire culpabiliser pendant tout le voyage retour.

            Dr Suresh ne c’est pas arrêté là dans son génialissime génie. Il avait également un double discours. Un somme toute classique en espagnol pour tout le monde à part les deux néerlandais. Un en anglais pour ceux qui comprenait un peu l’anglais (à l’origine pour les deux néerlandais) beaucoup plus croustillant. Ainsi il donnait haut et fort le cours du kilo de marijuana à la frontière brésilienne en 2006 (30 pesos/ kilo) par exemple. Sinon cela lui permettait de raconter le carnaval de Février dans la région et ce fameux 9 jours, 9 nuits, 9 mois qui va en faire rêver plus d’un. En effet, pendant ces 9 jours, c’est la fête. Mais c’est pas le 14 juillet hein, c’est vraiment la fête. Le concept rapidement. D’abord tous les couples sont déclarés suspendus pendant les 9 jours. Puis chacun se munit d’un masque pour que personne ne se reconnaisse. Enfin une fois le barnum installé et le BBQ installé, l’orgie sexuelle est déclarée. Tout le monde couche avec tout le monde devant tout le monde en musique et en alcool. Personne ne doit refuser sous peine de gâcher la fête. Ca peut faire rêver au début mais quand je vois l’œil vicieux du chauffeur qui acquiesce à la question “Hein Machin c’est vrai que personne peut refuser ?”. On comprend alors l’appellation 9 jours, 9 nuits… 9 mois étant donné le nombre a priori impressionnant de naissance illégitimes… Dr Suresh tient à me préciser devant l’insistance de mes questions que non il n’y a pas ça dans d’autres régions qu’ici et que non, les gens n’aimaient pas qu’on regarde mais te laissait participer volontiers une fois le baptême de 9 verres d’alcools différents à boire avant d’intégrer le groupe, le cercle ou la queue leu leu.

            Pour se remettre de nos émotions, on a préféré rentrer dans le rang des couillons pour ne pas donner des idées salaces au chauffeur qui nous faisait de plus en plus peur. On a donc pris les photos de couillon que voici…




            Nous n’avons même pas osé finir le circuit qui rentrait à Salta car nous nous sommes arrêtés à Jujuy (en fait notre lieu de retour vers Buenos Aires). L’aéroport très sommaire nous a permis de découvrir en vrai comment c’était les années 1970…et de prier pour que notre pilote d’avion ne nous fasse pas une arrivée en catastrophe dans l’aéroport de Buenos. Malheureusement les voies du seigneur sont impénétrables : il ne nous a pas écoutés…

Le salon privé de l'aéroport de Jujuy,
directement sorti des années 70