« Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. Dieu dit: Que la lumière soit! Et la lumière fut.
Ce fut le premier jour.
Dieu dit: Qu'il y ait une étendue entre les eaux ! Et il sépara les eaux qui sont au-dessous de l'étendue d'avec les eaux qui sont au-dessus de l'étendue.
Ce fut le second jour.
Puis Dieu produisit de la verdure, de l'herbe portant de la semence selon son espèce, et des arbres donnant du fruit et ayant en eux leur semence selon leur espèce.
Ce fut le troisième jour.
Puis Dieu fit les deux grands luminaires, le plus grand luminaire pour présider au jour, et le plus petit luminaire pour présider à la nuit; il fit aussi les étoiles.
Ce fut le quatrième jour.
Ensuite Dieu créa les grands poissons et tous les animaux vivants qui se meuvent, et que les eaux produisirent en abondance selon leur espèce; il créa aussi tout oiseau ailé selon son espèce.
Ce fut le cinquième jour.
Alors Dieu créa l'homme à son image, il le créa à l'image de Dieu, il créa l'homme et la femme.
Ce fut le sixième jour.
Le 7e jour, fatigué de toutes ces conneries, Dieu dit : J’ai une de ces fringales moi, je me boufferais bien un truc là. Mais Dieu compris qu’il avait été idiot. Il avait filé toute la bouffe aux deux niaiseux tout nus qui se promenaient en chantant dans le jardin d’Eden. Alors Dieu, qui n'est quand même pas le dernier des blaireaux vu ce qu’il avait fait de sa semaine, se fit un petit plaisir...
Dieu créa les alfajores.
Mais bon la propriété intellectuelle ne dure qu’un temps et les argentins l’ont vite compris en récupérant tout ça.”
Livre de Moïse, librement traduit de l’hébreu (je tâtonne encore)
            C’est donc comme ça que nous avons commencé notre journée de samedi pour anticiper le retour sur Salta qui s'annonçait paradisiaque mais long... Cette spécialité argentine est le fruit de longues recherches de Gros Magazine sur le thème de "La miniaturisation des aliments gras dans les familles argentines depuis la découverte de l’Amérique".
            Mais le rapport entre l’argentin et la religion chrétienne ne s’arrête pas là. Comme les français, les argentins se sont très engagés pour récupérer le sang du seigneur. Ils le produisent même en masse, l’exportent aux Etats-Unis, au Brésil, en Australie et pile pour nous, une grande partie de la production se fait près de Cafayate. On n’a pas pu partir sans se faire la tournée des bodegas (cave à vin) de la région. Le problème c’est que Jésus à beau dire “Ceci est mon sang”, personne n’est VIP à la Porcine Academy. Et du coup pour raison de Grippe A, il a bien fallu fermer les plus grandes bodegas de la région au grand dam de mon alcoolisme latent, sevré de force hormis une légère dégustation de vins blancs. La vigne recouvre tout le paysage ici (entre deux cactus) et les caves se comptent en dizaines. Petite déception donc de se contenter des visites de petites caves en libre service : personne ne te surveille ou si quelqu’un est là il te fait la visite à 800 à l’heure. Mais bon le paysage nous suffit à lui tout seul…            Pour se remonter le moral on a voulu se faire la fromagerie, la fromagère et mêmes les chèvres qui vont avec mais l’heure du repas n’est pas propice à l’échange vu que nous avons trouvé porte close. On s’est donc rabattu sur les cactus, ça au moins on était sur que c’était ouvert.
            Résignés devant tant d’infortune, nous sommes rentrés de nouveau par le paradis rocheux avant de visiter un Lac Léman artificiel version argentine…
            De retour à Salta, la voiture tristement rendue, je découvre que Moon aime autant les fils de l’oncle Sam que j’aime les potes du père Mao, devant ses réactions face aux trois ricains, nouveaux compagnons de chambrée, qui pour découvrir l’Argentine, s’achètent des bières pour les consommer dans leurs lits…argentins. On se met donc la même punition qu’hier soir dans un restaurant très prisé où les serveurs sont déguisés en Bernardo (l’esclave de Zorro).
            Au final cette escapade en voiture nous a prouvé que la nature révèle bien des surprises. Celui qui a fait tout ça mérite bien de se reposer là-haut sur son nuage ou sur son camion de transport…
