mardi 14 juillet 2009

Salta, la linda

            Jeudi 9 juillet c’est la fête nationale. Un jour normal sauf que les gens glandent. En même temps, c’est dur de montrer encore plus leur fierté d’appartenir à la nation Argentine. On peut difficilement afficher plus de drapeaux bleus et blancs que d’habitude vu que tout argentin semble avoir un ordre de priorité dans ses achats. D’abord le drapeau. Puis de la viande. Puis un toit. En terme de défilé, le régiment de Salta ne devant pas compter plus d’une douzaine d’âmes, ils se sont abstenus. On a bien eu une tentative de défilé avec un policier solitaire déguisé en Robocop marchant d’un pas décidé sur la place 9 de julio justement. Ils ont du se sentir un peu seul lui, son fusil à pompe et son gilet anti-émeutes au milieu des trois-quatre touristes complètement en transe devant la cathédrale toute rose. En même temps, même moi, l’athée militant, j’ai failli succomber à la tentation de me mettre à prier. Mais le petit déjeuner qui m’attendait au bar d’en face m’a délivré du mal…

La cathédrale rose de Salta


            Beaucoup plus difficile à semer que Robocop, le cireur de pompes. Pot de colle national, cet animal au physique trapu se meut d’une façon étrange. Complètement plié en deux, le regard cloué au sol, il batifole de table en table afin de trouver chaussure à son pied. En l’occurrence chaussure à mon, ton, nos, vos, leurs pieds. Une fois la cible approchée, une belle brune en cuir, il séduit son tuteur légal, le propriétaire de cette chaussure élue de son cœur. Lorsque la main de la petite est accordée puis la dote versée, le cireur de pompes veut consommer rapidement son mariage. Il se met à frotter délicatement ses mains enduites d’un liquide lubrifiant et nourrissant contre la peau de sa dame et ce devant les yeux effarés du père de la jeune chaussure qui voix son innocence ainsi bafouée. A coup sûr, le père et son nouveau gendre se quittent fâchés et partent chacun dans une direction opposée. La chaussure sans doute mise au couvent tandis que le cireur de pompes part en quête d’une nouvelle affaire…

Deux victimes du cireur fou

            Devant tant de barbaries et nostalgique de notre cher Miguel, nous décidons de prendre des mesures d’intégrations drastiques en magasinant à travers Salta tout en s’extasiant devant des monuments tous plus riches et variés comme disait Michelin. L’intégration est réussie grâce à un relooking argentin.
Vous connaissiez Clément avant :


Le voici...


Maintenant :


            Nous voyant arriver moi et mon chapeau ainsi que Moon et sa camiseta, Miguel n’a pas trainé à nous proposer un nouvel asado. Il pousse même la reconnaissance mutuelle de gaucho en nous invitant au marquage des bêtes dans le campo d’un ami (ferme locale), offre que nous nous devons de décliner à grands regrets. La viande cuisinée par les mains sales, brûlées et abimées par la vie de Miguel a été délicieusement partagée avec trois médecines tourangelles et leurs opposés : quatre grenoblois de 25 ans plus ou moins scolarisés en 2e année de fac de géo. On a malheureusement pas pu chanter jusqu’au bout de la nuit avec toute la troupe pour cause d’activité pilotage sur route désertique prévue pour le lendemain...