Ce peuple de latins est un peuple fantastique.
            Premier point positif, ils ne sont pas comme je me l’étais imaginé. En même temps, à la réflexion, 40 millions d’Hugo Chavez et de Pocahontas en chemise rouge à cheval avec des chapeaux mexicains à poursuivre des animaux exotiques mi-vache mi-raton-laveur et à parler à des objets en croyant que c’est vivant, c’était peu crédible. Non ils sont tous très différents d’apparence (des laids, des beaux, des durs, des mous qui ont un grand cou, des gros touffus, des p’tits joufflus, des grands ridés et des bébés : tout tout tout vous saurez tout sur l’porteño…) à part qu’ils ne sont ni grand, ni blond. Pas comme ça en fait :

d’où l’effet touriste :
            L’autre point positif c’est qu'ils sont très accueillants. C’est un peu comme chez les Ch’tis sauf qu’il pleut jamais, qu’il ne fait pas froid, qu’ils ont la grippe A et qu’ils ont des têtes normales. Pour le reste c’est la même chose. Ils sont accueillants. Ils aiment le football, la bière et le vin. Ils se baladent en doudounes volées à des québécois des années 1980, parce que pour eux l’hiver quand il fait 12°, ils ont l’impression qu’il fait -40°. Ils aiment bien les voitures. Et surtout surtout ils ont un accent bizarre par rapport au reste des gens qui parlent leur langue. L’argentin ne dit pas “Yo me llamo Jajo y aquí en Argentina, no llora mucho”, il dit “Cho me chamo chacho y akka en Argentina, no chora mucho”. Je pense que pour un espagnol, l’effet est à peu près le même qu’écouter nos amis portugais baragouiner français. Au final un argentin lensois ça donne ça comme le prouve notre ami Francesco :
            Vendredi soir donc, juste avant l’épisode des toilettes bouchées, nous sommes allés chez Francesco pour passer une soirée tranquille. On débarque à 23H un peu confus d’arriver si tard sans oublier de se tromper auparavant de bâtiment… La personne qui habitait bien dans l’appartement A, bien au 2e étage mais malheureusement pour elle au 2847 avenue Santa Fe au lieu du 2843 a donc eu l’incommensurable chance d’entendre Moon lui demander 15 fois de nous ouvrir la porte vu que je lui répétais sur de moi “Mais si ! Je te dis que c’est au 2A”. Le problème c’est que l’espagnol c’est déjà pas notre langage naturel mais en plus si on doit parler à un interphone espagnol, c’est carrément mission impossible. On se contentait donc de dire "Si,Si" à l’interphone avant de recommencer à sonner jusqu’à trouver la solution du problème : changeons de bâtiment.
            Après un début de soirée que je qualifierais de masculin (bière-foot-fernet+coca-bière-musique-Fernet-jeux video-bière…), Francesco nous lance un “vamos” qui ne signifiait pas comme on aurait pu l’imaginer “Bon allez cassez-vous les gars j’aimerais dormir vu qu’il est 3H du matin” mais plutôt un “Ah ba tiens il est l’heure de commencer la soirée. Donc vamos. Dans des peñas argentines…

            Une peña est un endroit caméléon : restaurant en début de soirée puis bar puis piste de danse puis grand n’importe quoi. La particularité est qu’il s’y joue de la musique folklorique et que les gens se rejoignent dans des peñas selon leur région d’origine en Argentine. On a commencé par une peña avec des gens de la West Coast. Un immense bordel. Chacun dans son coin qui chante sa chanson le plus fort possible pour couvrir celle de l’autre et imposer sa chanson de cœur aux autres qui n’ont pas l’air de l’entendre de cette oreille. Pour les Douet, c’est comme s’y on faisait une descente dans un bar pendant le WED pour faire chanter le P3 à toute une salle qui préfèrerait chanter du Céline Dion.
            Très divertissant. Très vecteur de souvenirs Douet. Très vite expédié par Francesco qui préfère la peña de la East Coast d’où il vient. Qui ne préfère pas la East Coast de toute façon ?
            On change donc d’ambiance. Je ne vous cache pas que le niveau d’alcoolémie a ralenti un peu le trajet West Coast-East Coast (toujours en terme de peña) qui devait pourtant correspondre à la distance entre le Drakkar et l’EM. Arrivé dans la nouvelle peña : ambiance très kermesse. Kermesse alcoolisée mais kermesse quand même. Alors certes on paie l’entrée ce qui pourrait nous rebuter. Heureusement le billet de tombola offert pour gagner une bouteille d’alcool nous remet vite en course. Le groupe de musique enchaîne les tubes de Madagucci ou un truc du genre, la ville de naissance de notre Francesco qui ne se sentant pas de joie ouvre un large bec pour laisser exprimer sa joie. Le problème des tubes de Madagucci c’est que ça reste intimiste vu qu’en terme de rapport de taille c’est l’équivalent d’Abbarretz. Mais bon apparement toute la commune est venue hier soir chanter vu la ferveur de la salle. De multiples rencontres de franco-argentins ou d’argentins tout court ajoutés à mon taux d’alcoolémie m’ont fait me retrouver au milieu des abbarois de là-bas à danser leur mélange entre du flamenco et du Rabbie Jaccob. Pas mécontent. J’ai bien failli prendre le micro pour chanter des chants français vu l’insistance du franco-argentin mais heureusement pour mon honneur, les musicos n’en connaissaient aucun…
            Le problème des argentins c’est que lorsque tu rentre chez toi à 7h30 du matin, t’as quand même l’impression d’être le rabat-joie couche-tôt vu le monde qui restait après notre départ.

1 commentaire:
ça m'a l'air fou cette vie nocturne douet!!
et n'oublies pas que la west coast reste the place to be.
muchos besos
SEXILE
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