lundi 29 juin 2009

Working Boy

            1er jour de travail. Chemise toute propre. Chaussures toute neuves. Pantalon tout vieux. Embauche à 9h30 les argentins se lèvent à la cool. Bon sachant que j’ai du mal avec les transports, j’ai marché pour aller à l’entreprise. Enfin j’ai plutôt randonné pour aller au travail. 45 minutes de marche pour aller bosser, t’es pas déçu du voyage. Surtout quand tu te rends compte qu’il y a un métro qui va de chez toi à l’entreprise en 10 minutes.

            Ayant repéré à l’avance l’endroit de villégiature de mes costars et autre cravates pendant les six prochains mois comme tout bon manager for the world qui se respecte, j’arrive grand gagnant devant le bâtiment. Je rentre triomphalement dans l’immeuble. Avance en champion devant les ascenseurs… avant de me faire rattraper violemment par les agents de sécurité qui jugent ma performance certes intéressante mais non suffisante pour me dispenser de contrôle de passeport. Passeport justement oublié à l’appartement, juste sur la table de nuit, à côté de mon billet d’avion, mais si je vous jure j’en ai un. Renonçant à leur expliquer tout ça, je préfère leur brandir « mi carnet de identitad » en guise de réponse à leurs affabulations comme quoi je n’aurais pas de droit de libre circulation sur leur fief. Il me demande ensuite ce que je viens faire dans le coin. En marmonnant un “uno rendez-vous con Andrea … (oui j’avais oublié son nom de famille)”, ils ont vite compris que j’étais le français bizarre qui devait passer tous les matins jusqu’à décembre prochain.

            10 étages plus haut, ma DRH préférée m’accueille à grand renfort de poignée de bisous encore une fois mais sans poignée cette fois-ci, juste un bisou. Ma main élancée dans le vide, je me dis mais un peu tard qu’on ne m’y reprendrait plus. Coup d’œil rapide à l’historique de cette entreprise plus vieille que la découverte de mon pays d’expatriation pour enfin arriver au sacro-saint organigramme qui me révèle les doux noms qui vont s’occuper de l’autiste pendant les six prochains mois. Bonne chance à vous Elisa, Barbara, Lucila et Yanina que l’on appellera “l’artiste-peintre” au vu de son visage grandement décoré à coups de crayons et rouge à lèvres.

            Redescente aussi sec des 10 étages. “Vamos a visitar la empresa” me dit Andrea. Sauf qu’apparemment la poursuite de la visite doit avoir lieu en voiture car ma DRH s’engouffre dans un taxi banalisé qui nous emmène dans les usines de fabrication des différents produits tous plus dangereux les uns que les autres. Poches de nutrition parentérale, cachets de trithérapie, j’en passe et des meilleurs ! Mon rêve de gosse ! C’est Charlie et la chocolaterie. Bon sauf que Charlie doit mettre une charlotte et une combinaison stérile pour entrer à l’intérieur de l’usine. Sauf que les umpa-lumpas ne sont ni nains, ni verts, qu’ils ne chantent pas de chanson marrantes et qu’ils parlent espagnols. Sauf que Willy Wonka s’appelle en fait Rodolfo Navarro, qu’il a une moustache et me parle très vite et très proche de mon visage (d’où l’utilité de la charlotte). Sauf qu’aucun bonbon n’est fabriqué sur la chaîne de fabrication. Mais concrètement c’est la même chose. Des bonhommes avec des charlottes, des masques et des sas de décompression fabriquent des choses merveilleuses à partir de quasiment rien…

            Il ne faut pas traîner. J’ai RDV avec le directeur de l’Argentine rien que ça. C’est l’heure de connaître ma mission de stage. Et là c’est la très bonne surprise. Je suis responsable de toute une étude pour savoir si on va développer ou non l’activité de l’entreprise dans un nouveau secteur. Rechercher les acteurs du marché, les opportunités business et cie. Un régal. Le seul problème est le sujet qui est “Doit-on se lancer ou non dans le domaine des endoscopies ?”. Pour les non médecins, l'endoscopie est une méthode d'exploration et d'imagerie médicale ou industrielle qui permet de visualiser l'intérieur de conduits ou de cavités inaccessible à l'oeil. En gros, l’art de se mettre une caméra dans l’anus. Cela dit, moi qui voulais du cul en Argentine, tous mes vœux sont exaucés…

            Fin de la journée. Je rentre en métro… mais je rate mon arrêt et donc je remarche jusqu’à chez moi dans mes chaussures beaucoup beaucoup trop neuves. Mes pieds ne me contrediront pas…

3 commentaires:

Elise B. a dit…

Pas très original dans le principe, certes, mais très bien écrit, waw ! (t'as pas tout perdu ! ^^)
Je sens que je vais etre une adepte de ce blog.

Enjoy
Bisous
Elise

Fatigant a dit…

Derch pour etre tes pieds!
Bonne initiative mon gros, c'est le premier d'une longue liste de blogs que je vais ajouter à mes favoris....
Notre fat coloc' de shanghai en lancera certainement hein d'ici le 16 juillet...

à bientot sur la toile mon gros

Anonyme a dit…

sale!
j'espère que tout va bien pour toi,
a tres vite pour des nouvelles,

bisous

rachel

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