dimanche 28 juin 2009

Nantes-Paris-Buenos Aires


            Faire du ciel, le plus bel endroit de la terre c’était marqué sur les billets. Comme quoi les hôtesses ont beau être mignonnes, ça ne les empêche pas de mentir. Si on en croit Air France, le plus bel endroit de la terre c’est donc un immense nuage blanc et opaque. Enfin un nuage si on arrive à le voir parce que la folle qui marmonnait en espagnol à côté de moi en me lançant des regards louches était fermement déterminée à le fermer ce hublot pour le rouvrir à heures précises pendant cinq minutes et le refermer aussi sec au cas où le ciel se dégagerait ce serait dommage…

            De toute façon, je sentais une hostilité d’Air France depuis le début de ce voyage pour Buenos Aires, BA pour les branchés ou pour ceux qui croient au paradis. Dès l’aéroport de Nantes, j’ai senti l’entourloupe… “Monsieur vous allez pouvoir vous enregistrer vous-même grâce à cette machine” me dit une charmante jeune femme estampillée Air France. Soit. Je m’enregistre moi-même étrange mais acceptable. Donc forcément la machine me parle en français et m’écris la question au cas où je suis sourd. Mais l’hôtesse potiche à côté de la machine me répète la question comme si j’étais débile avant de me souffler la réponse au cas où je ne trouverais pas. Ce qui donne à peu près ceci :
Machine : « Êtes-vous bien Clément DOUET ? » puis elle me l’écrit
Hôtesse : « Donc là elle vous demande si vous êtes bien Clément Douet… Vous devriez donc appuyez sur… (Pause de 1 seconde) OUI. Allez-y c’est tactile, il faut appuyer sur l’écran »

            Mais Air France ne s’est pas arrêté là… Les hôtesses ont réussi à monter l’ensemble de la file d’attente pour l’embarquement contre moi. Toute la file me regardait avec un regard amusé faire mes 100 pas habituels dans le terminal 2E de Charles de Gaulle. Certes, j’avais ramené des toilettes par mégarde une immense bande de PQ que je trainais sous la chaussure sans m’en rendre compte. Mais ce n’est pas une raison pour être aussi vilain…

            Bien décidé à pourrir mon voyage, Air France avait prévenu le commandant de bord de mon arrivée ainsi que la chef des hôtesses. Prétextant un problème de films, ils m’ont mis en boucle le début de Madagascar 2 pour “réinitialiser le système”. Pire, ils stoppent la vidéo pour mieux se faire entendre. Du coup, pile au moment tragique où Chad invite enfin Taylor au bal de promo dans High School Musical 3 vers 4-5 heures du matin, l’ensemble de l’équipage juge bon de m’annoncer en 28 langues différentes qu’il est interdit de fumer dans les toilettes. Une tour de Babel qui réveille ma voisine préférée laquelle reprend son marmonnage en rouvrant le hublot pour cinq minutes chrono…

            Le problème d’un voyage qui dure longtemps, c’est le rapport à la vessie. Surtout que vu le prix du billet, la vessie est perpétuellement nourri de coca, bières et boissons en tout genre servis à volonté. Bonne nouvelle, il existe des toilettes dans cet avion. Mauvaise nouvelle, il est 3H du matin et j’ai à ma gauche, la folle profondément endormie, à ma droite et donc l’accès au couloir, une montagne qui ronfle et qui a l’air menaçante même en plein sommeil. Je choisis donc l’option la plus raisonnable : regarder Le monde de Nemo pour oublier son envie pressante. Bon pas de chance, il y a beaucoup d’eau dans ce film, ce qui rappelle à ma vessie ses besoins naturels. Mon périnée n’aura jamais été aussi musclé qu’à l’arrivée à l’aéroport international de Buenos Aires.

            Il fait 2° à 8h du matin.

1 commentaire:

Elise B. a dit…

J'ai dit adepte, moi ?! Non, je rectifie : inconditionnelle !

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