mardi 8 septembre 2009

No pasa nada !

            Comme je l’ai maintes fois répété, l’argentin est fan de foot. Comme une drogue en fait.

            D’abord, l’argentin vit sous perfusion de matchs s’il a les ressources pour s’acheter le cable. Directement on voit les différences sociales qui se manifestent. C’est comme partout. Tout le monde ne peut pas s’acheter de la cocaïne certains doivent se contenter de sniffer de la colle. Donc la jeunesse dorée se shoot avec la chaîne du foot qui passe des matchs en continu. Quoi de mieux qu’un Serbie-Ukraine 1997 éliminatoires de la coupe du monde 1998 pour se mettre en jambes avant un Paraguay-Moldavie juniors ? Les autres se résignent à sniffer, amorphe, un récapitulatif de tous les buts de la journée du week-end de tous les championnats du monde.

            Le pire dans cette affaire, c’est que tout est dépénalisé. Tolérance zéro certes mais pour celui qui ne consomme pas. J’en ai fait l’amère expérience. Recalé du football hebdomadaire avec mon entreprise pour cause de pieds carrés. Pauvres hommes. Bannir le seul abstinent du groupe pour se cacher leur triste vérité. J’ai bien essayé de les raisonner en leur expliquant avec le sourire que c’est pas grave de perdre, que oui j’ai raté 10 buts tout faits en moins d’une heure de jeu mais est-ce que vous vous sentez pas mieux de décrocher un peu ? Rien n’y fit. Prière de revenir quand tu seras comme nous, complètement défoncé au foot.


Sniffer un ballon ou le summum de l'addiction

            Dépénalisé totalement. Pire, l’Etat est complice. Du pur populisme. Même Chavez n’en fait pas autant. Toute heureuse de conserver sa population toxicomane pour sauver sa peau un mois de plus, Kirshner s’est faite le dealer universel dans une envolée lyrique jamais vu ici depuis Jésus. Fatiguée de voir que la meilleure came allait aux plus riches, elle a fait sombrer un peu plus son peuple dans la dépendance en nationalisant les droits du foot depuis le 25 août. « On te séquestre les buts, jusqu’au dimanche soir, comme on te séquestre les mots ou les images. Comme on te séquestre 30 000 argentins. Je ne veux plus une société de séquestration. Ni de personnes, ni de mots, ni d’images, ni d’idées. Je veux une société chaque jour plus libre. C’est un jour historique ». Comparer les droits du foot aux massacres sous la dictature, c’est osé mais ça a marché.

Voici une explication plus en détail

            Alors oui les effets sur l’organisme ne sont pas beaux à voir. Samedi c’était le clasico Brésil-Argentine. Des armées de zombies en quête du nirvana : la qualification au mondial 2010. On fait ce qu’on veut de l’argentin toxico. On l’habille comme on veut. Par exemple, au stade de Rosario il était interdit de venir au stade avec un maillot de club. Uniquement un maillot de la seleccion. De vrais légumes. A chaque but du Brésil, les zombies s’animaient, se levaient péniblement et chantaient un lugubre “No pasa nada » (« il ne s’est rien passé »). Le déni, une étape avancée dans la dépendance.

            A l'échelle individuelle c'est encore pire... Voici l’exemple de Maradona qui consomme depuis le plus jeune âge et qui n’arrive pas à s’arrêter (il est aujourd’hui sélectionneur du pays).

Le voici jeune.



Le voici maintenant



Et enfin les prévisions dans 10 ans.


Sale histoire, cette affaire. Mais bon j’avoue que j’ai commencé avec une drogue douce. Tout le monde n’a pas accès en permanence à la télévision. J’ai donc acheté chez mon dealer le plus proche une dose standard en livre spécial qui permet de revivre les meilleurs buts de la sélection. Voici comment ça se consomme.

            Une question reste en suspens : a qui profite le crime ?

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