lundi 31 août 2009

Don’t cry for me Argentina

            Samedi soir beaucoup de larmes ont coulé au Lunapark de Buenos Aires (qui n’est pas une foire géante mais une salle de concerts à la sono douteuse) où avait lieu le concours international de Tango. Comme tous les concours, trophées ou matchs internationaux, les français sont mauvais et les italiens en font des tonnes. Ca n’a pas manqué samedi soir…

            Une fois oublié la sono qui crachait un son digne de France Info sur la route des vacances, on se rend compte à quel point le tango et ce concours définissent l’argentin sous toutes ses coutures. L’orgueil, la tradition, l’accueil, les excès émotionnelles (larmes surtout), le respect aux anciens, la sensualité…

            Tout a commencé avec le défilé des 45 couples. Un couple de Tango c’est :
       - 2 paires de chaussures à talon
       - une robe incroyablement sexy à rendre hétéro Vincent McDoom
       - un costume et une cravate de mafiosi qui se déplace en marchant comme un cow-boy (très accentué si italien ou argentin, mois visible si japonais, oui oui un japonais qui fait du tango ça existe)
       - 4 sourcils froncés quand ils dansent
       - un numéro dans le dos de l’homme comme à la télé pour que le jury élimine le n°452
            Forcément il y avait les pouliches locales et nationales qui ont été très sollicitées mais le couple de Marseille avait ses deux fervents supporters. Les japonais ont été très applaudis mais je soupçonne que l’audience saluait plus la force qu’il faut pour surmonter son handicap d’être japonais quand on veut faire du tango…

            La suite en musique et en couleurs : le défilé des candidats au titre suprême de meilleur danseur de tango de salon du monde. Deux semaines qu’ils se battent pour accéder à cette finale parmi près de 500 couples du monde entier. Le ballet est très sensuel, tout en mouvement, à part pour les français qui semblent avoir quelques problèmes pour oser un peu de fantaisie dans leur gestes… Les hommes prennent un regard sérieux de Don Juan, les cavalières, celui de la femme conquise. Le plus impressionnant reste quand même la capacité des prétendants à ne pas s’entrechoquer durant l’épreuve.

            Mais leur show a vite été expédié par l’entre-show beaucoup plus intéressant.

            D’abord, du tango spectacle qui donne envie d’être argentin et bon danseur vu comment il fallait faire attention de ne pas se faire mouiller par la salive qui sortait de la bouche de toute personne de sexe féminin.



            Mais le clou du spectacle est l’invitation sur scène des danseurs de tango les plus connus des milongas de Buenos Aires. Une moyenne d’âge de 80 ans qui débarque sur scène tout endimanchée qu’elle était… Forcément, il y a eu des oublis. On ne peut pas inviter tout le monde sur scène. Tout le monde l’avait compris. Tout le monde, non. Un couple de porteños a résisté encore et toujours au bon vouloir du présentateur en s’invitant sur scène, jugeant insultant de ne pas avoir été invité. Scandale diplomatique au Lunapark. Pour éviter des représailles de tout le 3e âge, les autorités compétentes ont cédé au couple à la chemise mauve qui en a profité pour essayer de voler la vedette à la dizaine d’autres couples en donnant des coups de hanches plus importants au moment de passer sur l’écran géant.

            Tout s’est finit sur le clou du spectacle. Une chanteuse de tango qui revient sur la scène du Lunapark 40 ans après sa première apparition pour reprendre la même chanson devant un montage vidéo digne des plus grandes heures de la télévision des années 80 : un fondu vidéo entre le direct sur scène et les enregistrements datant de 40 ans. Saluons la performance de son chirurgien esthétique qui lui a permis de conserver le même visage en 40 ans d’existence. Son botox était tout émoustillé lorsque madame pleurait d'émotion à la fin de la chanson…

            La fin n’est qu’anecdotique : un couple d’heureux japonais en larmes va pouvoir se payer le retour à Tokyo grâce au 2500€ de prix destiné aux gagnants… L’italien, deuxième, a enflammé la salle par ses cris de joie, ses courses de bonheur et ses embrassades à toute volée. Une façon sans doute exagérée de recevoir une bouteille de vin et trois chocolats…

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Dis donc Doudou, l'attends ta B.A.
Certains se shotent à l'héroïne, moi c'est à la clémentine (c'est bien meilleur pour la santé et le moral). J'attends ma dose avec impatience : je suis en manque. Envoie-la vite !
Una aficionada francesa de tu "blogue" fantástico (más precisamente de Normandía, ¿adivinas quién soy ?). Besos.

Anonyme a dit…

tu vois... si t'avais accepté ma proposition de faire de la danse de salon tu aurais pu rivaliser dommage...

Enregistrer un commentaire